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l'Importance des rites 

Nous sommes des êtres de chair et d’os, vivant dans l’espace et le temps ;

Nous avons donc besoin de signes communs et incarnés pour développer ce sentiment d’appartenance à une civilisation, une culture, un groupe…

Ces signes communs ont une portée propre et expriment quelque chose.

 

Crédit photo : Oliveau

Lorsqu'au Bon Conseil le prêtre arrive dans une activité, les enfants disent bonjour reconnaissant par là qu’il est le « père » d’une maison qui les accueille.

Par les mots « s’il vous plait » et « merci » on apprend par là à découvrir que l’on reçoit d’autrui et on reçoit avec gratitude. C’est loin d’être une convenance sociale ou arbitraire, au contraire ces expressions ont une forme expressive et portent un sens.

Tous les ans, au moment de la date anniversaire de la mort de l'Abbé Derry, sa dernière lettre est lue aux jeunes du BC. L'abbé Roger Derry était prêtre directeur du Bon Conseil. Il est une figure emblématique de la Maison car pendant la deuxième guerre mondiale, il a été un héros de la Résistance avec des éducateurs du Bon Conseil. Il a été arrêté par la Gestapo, déporté puis décapité en 1943. 

On s’inscrit dans l’histoire du lieu, on leur transmet un message qui a une valeur à côté de laquelle on ne veut pas passer.

Les rites au Bon Conseil ont un sens. C’est parce que nous faisons des gestes et que nous les répétons, que nous apprenons à les habiter :

Par exemple lorsque je rentre dans une église et que j’effectue une génuflexion, cela peut être au départ un geste mécanique, mais au bout d’un moment ce geste descendra de la tête vers le cœur. Je ne mets pas mon genou à terre devant le président de la république mais devant Dieu, c’est un geste qui lui est réservé.

Dans  l’éducation il en est de même ; on apprend au départ par des gestes mécaniques, qui petit à petit remontent au cœur et l’enfant se les approprie avec une grande liberté voire même créativité.

Il y a une réelle nécessité à ce que ces gestes ne restent pas simplement formels, des conventions artificielles, il faut se les approprier et les travailler. Sans doute que si notre société offrait plus de gestes en commun et partagés, peut-être y aurait-il moins d’individualisme ou de communautarisme, moins de fractures entre les personnes.


 

Il y a un véritable enjeu et une importance dans ces gestes qui solennisent quelque chose, une réalité qui appartient à notre patrimoine et que l’on veut faire vivre et entretenir.

Au sein des familles aussi, les rites sont importants. On célèbre les anniversaires des parents, des enfants. On se souvient des dates qui ont marqué l'histoire de la famille. Chaque famille peut aussi inventer, imaginer des rites qui leurs sont propres. Par exemple, un soir par semaine, proposer à l'un de ses enfants de diner seul avec ses parents.

 

Ce moment privilégié, ce rituel familial, peut marquer profondément et faire grandir une relation de confiance avec son enfant.

Mais au delà, dans l'éducation des enfants, les rites (surtout pour les garçons) marquent un passage important vers l'âge adulte. Il ne faut pas le nier. 

Ce sont des rites importants pour la dynamique d’un groupe. Les enfants du Bon Conseil ne sont pas inscrits seulement dans une activité lambda mais dans une maison qui possède une histoire, une représentation de la vie, une vision de l’homme, un projet éducatif … Sans doute tous ces rites portent-ils une vertu que chacun doit s’approprier !

 

Abbé Vincent de Mello